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Le terme chamane

Chamane
Ce terme, aujourdíhui utilisÈ dans le monde entier, vient de la langue des Evenk . Il dÈsigne leur spÈcialiste rituel. Il níy a pas de consensus sur une dÈfinition de ce spÈcialiste, seulement sur certaines de ses caractÈristiques, qui le distinguent du prÍtre, sur la multiplicitÈ de ses activitÈs rituelles et sur le caractËre trËs personnalisÈ de sa pratique.
Aux yeux des observateurs occidentaux, le chamane se signale díabord par líÈtrangetÈ apparente de son accoutrement, de ses accessoires et de sa conduite (corporelle et vocale). Ce sont l‡ les sources díinformation essentielles sinon les seules sur sa pratique, du fait que celle-ci est de tradition strictement orale. Leur examen conduit ‡ dÈgager une valeur symbolique qui rend compte de faÁon simple et claire de cette apparente ÈtrangetÈ et Èclaire la fonction chamanique.

Son costume, ses accessoires, ses effets de voix et ses gestes seront longtemps les principales sources díinformation, díautant plus que la pratique chamanique est de tradition strictement orale.
De fait, la pratique chamanique Ètant strictement orale, les principales sources díinformation sur le chamanisme sont ce que dit et fait le chamane (conduite corporelle ou gestes et productions vocales), les vÍtements quíil porte (costume, couronne) et les accessoires rituels dont il se sert (tambour, battoir, figurines, malu).


Chamaniser
La racine sam-, dío? vient saman, contient dans les langues toungouses, une idÈe de mouvement du bas du corps ó ´ remuer les pieds, bondir, sauter ª ó qui Èvolue dans le sens de ´ síagiter ª. Elle est rÈpandue dans díautres langues de la famille altaÔque (elle a ÈtÈ liÈe au chamanisme dans les langues turques ‡ date ancienne, elle síest fixÈe dans le sens de ´ síagiter ª en mongol).
Le sens de ´ bondir, sauter, remuer les pieds, trÈpigner ª figure aussi dans líÈtymologie de verbes voulant dire chamaniser ou dÈsignant une conduite rituelle chamanique dans díautres langues de SibÈrie : oj-, ´ bondir ª en yakoute (o? le chamane est ojun), khatarkha ´ trotter ª en bouriate, etc. Ces verbes relËvent au propre du vocabulaire animal. Il en est de mÍme díautres verbes correspondant ‡ díautres gestes rituels, comme, en bouriate, m¸rgekhe ´ donner des coups de tÍte, butter ª comme un renne affrontant un autre renne. Ceci síexplique par le fait que le chamane est censÈ, lors du rituel, aller ‡ la rencontre díesprits animaux sauvages pour obtenir díeux des ´ promesses ª de gibier qui deviendront ´ chance ª pour les chasseurs. Tout exprime líidÈe que le chamane síanimalise lui-mÍme symboliquement en vue de cette rencontre : le vocabulaire de son action ; ses gestes ó il bondit, se dÈhanche, síÈbroue, donne des coups de tÍte ; ses effets vocaux ó il imite notamment le brame du cervidÈ ; son costume, fait díune peau de renne ou díÈlan ; sa coiffe, constituÈe díune couronne ‡ ramure.
Il est significatif que le chamane síidentifie symboliquement lors du rituel ‡ un cervidÈ, gibier par excellence dans ces sociÈtÈs. Líanalyse permet de dire que le symbolisme de sa conduite rituelle englobe la totalitÈ de líÈchange instaurÈ avec les esprits animaux sauvages pour justifier líactivitÈ de chasse. Sans ce symbolisme, la chasse serait un meurtre doublÈ díun vol, passible de reprÈsailles. Le symbolisme chamanique fait de cette activitÈ le premier moment díun Èchange avec les esprits des animaux sauvages, ÈrigÈs en partenaires díÈchange. Le rituel chamanique institue formellement cet Èchange en Ètablissant des rapports sociaux avec les esprits animaux ó il bondit et brame comme un m‚le ó, obtient díeux des ´ promesses ª de gibier ó cíest-‡-dire de viande animale ó, et, en fin de rituel, offre en Èchange des ´ promesses ª de chair humaine : il reste Ètendu inerte sur le dos, offert ‡ la voracitÈ des esprits ; cíest donc ‡ dessein quíil síidentifie physiquement ‡ un animal gibier. Líimaginaire de la chasse rÈduit celle-ci ‡ une prise de viande (on ne dit pas quíon ´ tue ª du gibier, mais quíon lí´ obtient ª ou quíil síest de lui-mÍme ´ offert ª), et les rites sur le gibier tuÈ impliquent de prÈserver les os en sorte quíils se recouvrent ‡ nouveau de chair dans un nouvel animal de mÍme espËce.

En evenk comme dans la plupart des langues sibÈriennes, les verbes dÈsignant la gestuelle rituelle chamanique sont associÈs ‡ líidÈe de ´ jouer ª. Mais díautres verbes convoient aussi líaction de chamaniser : nimga- ìchanter, raconter ª.

La forme turque kam, remplacÈe dans le sens de ´ chamane ª par le terme bagsi dans la plupart des sociÈtÈs turques islamisÈes díAsie centrale, est passÈe de longue date en russe, o? elle a donnÈ lieu ‡ des nÈologismes díemploi courant : kamlanie : ´ rite ou sÈance chamanique ª, kamljatí : ´ chamaniser ª.

Author(s): R.Hamayon
Date created: 2003-09-09 - Date modified: 2004-03-25


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